Rendez vous à Qalandia, check-point qui sépare Ramallah de Jérusalem
By emilie ~ février 23rd, 2009. Filed under: Colonisation.
Check point rebaptisé « Terminal » par l’occupant. Et effectivement on se croirait dans un terminal d’aéroport avec un joli scanner tout beau, tout neuf. Un terminal d’aéroport pour le jour où les bestiaux pourront prendre l’avion. Qalandia, une suite d’histoires singulières. Une histoire nouvelle à chaque passage.
Il y a ce jour où nous avions pris le bus 18 au départ de Ramallah. J’apprends juste avant d’arriver à Qalandia que les internationaux (ainsi que les vieux) ne sont pas obligés de descendre du bus pour passer le check point. Enfin qu’importe de toute façon pour nous la question ne se pose pas, on descend et l’on fait comme tous les palestiniens. Pas de traitement de faveur. En descendant nous allons nous mettre dans la file. Et là un des hommes qui était dans notre bus nous interpelle. Pourquoi êtes-vous descendus ? Vous pouviez rester dans le bus. Oui, sûrement mais nous sommes là en solidarité avec le peuple palestinien alors nous vivons les humiliations avec eux. Nous ne voulons pas de traitement de faveur alors que nous ne sommes pas meilleur que vous. Sourire. Il nous prend pour des fous, mais il est heureux que nous soyons là.
Quelques jours plus tard nous voilà de retour à Ramallah. Pour rentrer nous prenons ce même bus 18. Dans le bus, que des internationaux, des vieux et des femmes. Le bus poursuit donc normalement sa route pour nous faire passer le check point sans descendre. Dans le bus, nous sommes cinq ou six de GP. Nous connaissons bien les consignes. S’ils font descendre quelqu’un nous descendons avec. Et justement, ils font descendre une femme. Pas d’hésitation. Comme un seul homme, nous sommes six à nous lever direction la sortie. Le chauffeur a bien compris ce que nous allions faire. Il a refermé la porte et redémarré avant que nous ayant eu le temps de sortir. Il ne voulait pas devoir attendre parce que son bus a perdu ses occupants. Et nous sommes vénère, prêt à chialer. C’était la dernière fois que nous prendrons le bus 18. Dorénavant nous irons en service jusqu’à Qalandia. Il ne pourra pas aller plus loin et nous non plus !
Il y a aussi eu ce moment où nous passions à pied. Nous étions dans la file derrière une mère et ses deux enfants. La lumière au-dessus du tourniquet métallique passe au vert, il faut avancer. Elle fait passer ses enfants devant. Le premier passe, puis le deuxième et là le tourniquet se bloque. Les deux enfants, de cinq et huit ans tout au plus, se retrouvent là, entre deux tourniquets métalliques avec les soldats. La mère est restée derrière et l’on peut sentir la terreur monter. Ils ne savent pas quoi faire et elle essaye, derrière sa barrière, de les rassurer du mieux qu’elle peut. Pourtant elle est loin d’être tranquille. Heureusement la personne qui était juste devant n’a pas encore passé le deuxième tourniquet. Elle prend le risque de venir les aider. Et ces jours-là on se demande encore et toujours où est l’humanité…
Des passages et des histoires à Qalandia il y en a eu des dizaines. Une autre me revient en mémoire. Nous étions une fois de plus dans cette usine à bétail à attendre derrière ces grillages de la honte. Nous prenions notre mal en patience. Cela ne faisait qu’une petite heure que nous attendions et nous commencions à en voir la fin. Nous étions arrivé devant le premier tourniquet et nous pensions que dix petites minutes seraient suffisantes pour arriver de l’autre coté. Seul problème, ici il ne faut présumer de rien. Et justement, arrivé devant le tourniquet, les soldats décident de fermer ce passage et de nous envoyer vers une autre porte. Demi-tour, retour dans la queue qui s’est formée plus loin. C’est reparti pour un tour. Une heure au moins à attendre. Dans ce pays, la première chose que l’on apprend c’est la patience.
Dernière histoire, la plus tragique. Une fois de plus derrière ce tourniquet de malheur. Nous voilà cette fois ci derrière un petit vieux. Il passe le premier tourniquet et se retrouve devant le scanner. Contrairement à d’habitude, il n’y a pas de bac en plastique pour qu’il puisse vider ses poches. Il hésite sur la marche à suivre et là les insultes commencent à pleuvoir dans le mégaphone. Les soldats s’énervent et lui hurlent d’avancer. La panique se lit dans les yeux du p’tit vieux. Il sait pertinemment qu’il ne passera pas le portique avec ce qu’il a dans les poches. Alors il prend la décision de poser toutes ses affaires sur le tapis roulant du scanner. Tout y passe : la ceinture, le portable, les clefs et les pièces de monnaies. Il poursuit sa route direction les soldats, et nous commençons à entendre le bruit clinquant des pièces qui tombe à terre… Il montre ses papiers, pose sa main sur le lecteur d’empreintes et finit par obtenir l’autorisation de se rendre à Jérusalem. Les soldats ne s’occupent plus de lui et se vengent déjà sur un autre. Et lui se retrouve agenouillé par terre au pied du scanner. Il ramasse ses pièces disséminé partout.
mars 8th, 2009 at 20:52
vraiment à chaque fois que je vous lis je pleure et ma haine augmente vers des gents don les générations précédentes ont connu l’humiliation et la fain,ils sont entrain de se venger sur un peuple qui leur a permis d’exister,car au lendemain de la guerre l’europe s’est emprssée surtout de s’en debarrasser!Dpuis que j’entend parler de la palestine je n’entend que les colonies,les camps et les points de control etc………………..pourquoi ne faite pas entendre votre voies sur les ondes radio,bon courrage et à bientot