Réunions de présentation à Genève et Lausanne



By krimo ~ mars 14th, 2009. Filed under: 3TA près de chez vous, Suisse.

« Tous Témoins, Tous Acteurs » 2009

Voyage de solidarité en Palestine

Réunions de présentation du projet

  • Présentation de l’association Génération Palestine
  • Présentation du projet « Tous Témoins, Tous Acteurs »
  • Témoignages de participants aux précédents projets
  • Projection du teaser du voyage réalisé par Kourtrajmé
  • Discussion

Quand, où ?

À Genève,

le Jeudi 26 mars, 19h00, à la Fondation de l’Entre-Connaissance,

14, rue du Môle, 1201 Genève.

À Lausanne,

le Jeudi 2 avril, 20h30, à l’espace Pôle Sud,

3, av. Jean-Jacques Mercier (Place de l’Europe), 1003 Lausanne.

Info, contact : karim@generation-palestine.org

Rendez vous à Qalandia, check-point qui sépare Ramallah de Jérusalem



By emilie ~ février 23rd, 2009. Filed under: Colonisation.

Check point rebaptisé « Terminal » par l’occupant. Et effectivement on se croirait dans un terminal d’aéroport avec un joli scanner tout beau, tout neuf. Un terminal d’aéroport pour le jour où les bestiaux pourront prendre l’avion. Qalandia, une suite d’histoires singulières. Une histoire nouvelle à chaque passage.

Il y a ce jour où nous avions pris le bus 18 au départ de Ramallah. J’apprends juste avant d’arriver à Qalandia que les internationaux (ainsi que les vieux) ne sont pas obligés de descendre du bus pour passer le check point. Enfin qu’importe de toute façon pour nous la question ne se pose pas, on descend et l’on fait comme tous les palestiniens. Pas de traitement de faveur. En descendant nous allons nous mettre dans la file. Et là un des hommes qui était dans notre bus nous interpelle. Pourquoi êtes-vous descendus ? Vous pouviez rester dans le bus. Oui, sûrement mais nous sommes là en solidarité avec le peuple palestinien alors nous vivons les humiliations avec eux. Nous ne voulons pas de traitement de faveur alors que nous ne sommes pas meilleur que vous. Sourire. Il nous prend pour des fous, mais il est heureux que nous soyons là.

Quelques jours plus tard nous voilà de retour à Ramallah. Pour rentrer nous prenons ce même bus 18. Dans le bus, que des internationaux, des vieux et des femmes. Le bus poursuit donc normalement sa route pour nous faire passer le check point sans descendre. Dans le bus, nous sommes cinq ou six de GP. Nous connaissons bien les consignes. S’ils font descendre quelqu’un nous descendons avec. Et justement, ils font descendre une femme. Pas d’hésitation. Comme un seul homme, nous sommes six à nous lever direction la sortie. Le chauffeur a bien compris ce que nous allions faire. Il a refermé la porte et redémarré avant que nous ayant eu le temps de sortir. Il ne voulait pas devoir attendre parce que son bus a perdu ses occupants. Et nous sommes vénère, prêt à chialer. C’était la dernière fois que nous prendrons le bus 18. Dorénavant nous irons en service jusqu’à Qalandia. Il ne pourra pas aller plus loin et nous non plus !

Il y a aussi eu ce moment où nous passions à pied. Nous étions dans la file derrière une mère et ses deux enfants. La lumière au-dessus du tourniquet métallique passe au vert, il faut avancer. Elle fait passer ses enfants devant. Le premier passe, puis le deuxième et là le tourniquet se bloque. Les deux enfants, de cinq et huit ans tout au plus, se retrouvent là, entre deux tourniquets métalliques avec les soldats. La mère est restée derrière et l’on peut sentir la terreur monter. Ils ne savent pas quoi faire et elle essaye, derrière sa barrière, de les rassurer du mieux qu’elle peut. Pourtant elle est loin d’être tranquille. Heureusement la personne qui était juste devant n’a pas encore passé le deuxième tourniquet. Elle prend le risque de venir les aider. Et ces jours-là on se demande encore et toujours où est l’humanité…

Des passages et des histoires à Qalandia il y en a eu des dizaines. Une autre me revient en mémoire. Nous étions une fois de plus dans cette usine à bétail à attendre derrière ces grillages de la honte. Nous prenions notre mal en patience. Cela ne faisait qu’une petite heure que nous attendions et nous commencions à en voir la fin. Nous étions arrivé devant le premier tourniquet et nous pensions que dix petites minutes seraient suffisantes pour arriver de l’autre coté. Seul problème, ici il ne faut présumer de rien. Et justement, arrivé devant le tourniquet, les soldats décident de fermer ce passage et de nous envoyer vers une autre porte. Demi-tour, retour dans la queue qui s’est formée plus loin. C’est reparti pour un tour. Une heure au moins à attendre. Dans ce pays, la première chose que l’on apprend c’est la patience.

Dernière histoire, la plus tragique. Une fois de plus derrière ce tourniquet de malheur. Nous voilà cette fois ci derrière un petit vieux. Il passe le premier tourniquet et se retrouve devant le scanner. Contrairement à d’habitude, il n’y a pas de bac en plastique pour qu’il puisse vider ses poches. Il hésite sur la marche à suivre et là les insultes commencent à pleuvoir dans le mégaphone. Les soldats s’énervent et lui hurlent d’avancer. La panique se lit dans les yeux du p’tit vieux. Il sait pertinemment qu’il ne passera pas le portique avec ce qu’il a dans les poches. Alors il prend la décision de poser toutes ses affaires sur le tapis roulant du scanner. Tout y passe : la ceinture, le portable, les clefs et les pièces de monnaies. Il poursuit sa route direction les soldats, et nous commençons à entendre le bruit clinquant des pièces qui tombe à terre… Il montre ses papiers, pose sa main sur le lecteur d’empreintes et finit par obtenir l’autorisation de se rendre à Jérusalem. Les soldats ne s’occupent plus de lui et se vengent déjà sur un autre. Et lui se retrouve agenouillé par terre au pied du scanner. Il ramasse ses pièces disséminé partout.

Rendez vous à Naplouse



By emilie ~ février 23rd, 2009. Filed under: Resistance.

Direction la vieille ville. Cette ville, classée au patrimoine de l’UNESCO, fait des envieux. Elle est construite sur trois niveaux avec des souterrains et des « passage secret » dû aux différentes destructions reconstruction de la ville à toutes les époques de l’histoire. Tous ces dédales ont permis d’en faire une des plus grandes villes de la résistance palestinienne. Une ville permettant aux gens recherchés de se cacher et empêchant la progression des soldats sauf quand ils rentrent à coup de bulldozer.

D’ailleurs, en 2002, pendant la grosse opération Rempart, les israéliens cherchaient le meilleur moyen de rentrer dans la ville. Ils l’ont trouvé. Ils sont passés à travers une maison en abattant les murs à coup de bulldozer pour faire passer les tanks. Dans la maison détruite vivait une famille. Seuls ont survécu les grands parents. Les autres ont été enterrés vivants.

Cette ville vieille de plus de 6000 ans, où sont passés les Romains, les sumériens, les Turques et tous les autres, porte maintenant en son sein les stigmates de l’occupation et de la répression. Nous sommes là à marcher dans une ville où chaque pas en avant nous fait rencontrer de nouvelles histoires de lutte, de nouvelles histoires en luttes. Les murs sont tous, sans exceptions, criblés de balles, et nous mettent dans l’ambiance.

Il y a ces bains turcs, autrement appelé hammam, qui régulièrement se font saccager et démolir. Régulièrement, autant dire qu’ils en sont à leur vingtième reconstruction. C’est sûr, un hammam, c’est dangereux, ça attaque souvent les soldats.

Il y a ce plafond carbonisé. En ce lieu se réunissait le tribunal citoyen pendant la seconde Intifada. Les soldats l’encerclèrent un jour de séance et y lancèrent des grenades. Le tribunal a brûlé, laissant des traînées noires de suie sur les murs.

Il y a cette porte qui donne sur des gravas. Ici était installée une des usines de savons qui font la réputation de la ville. Elle fut démolie si souvent que le propriétaire a décidé d’arrêter de perdre son temps à la reconstruire après chaque nouvelle attaque. Il a décidé de déménager, espérant qu’ailleurs la fabrication de savons serait moins sujette à suspicion.

Il y a ces restes de métaux qui traînent au milieu d’une des rues donnant accès à la vieille ville. Il s’agit d’une ancienne barrière installée là par la résistance pour freiner la progression de soldats dans la ville et empêcher les jeeps de rentrer. Régulièrement l’armée la détruite et tout aussi régulièrement la résistance l’a remise.

Il y a cette autre usine de savons qui fut rasée intégralement en 2004. Sous le prétexte que cette usine serait un repaire de « terroristes », elle fut bombardée, qu’importe d’ailleurs que les bombardements touchent les habitations jouxtant l’usine, ce ne sont que des dommages collatéraux de plus. Une fois le bâtiment anéanti il ne reste plus qu’à compter les morts : 75 dont pas un seul n’était recherché. Et 2000 blessés.

Il y a cette maison qu’un de nos copains occupe avec sa femme et ses parents. Pendant toute une période, il suffisait qu’il se montre à sa fenêtre pour se faire tirer dessus. D’ailleurs de l’extérieur nous pouvons voir les impacts de balles qui entourent plus spécifiquement sa fenêtre. Il faut savoir que son salon aussi est criblé de balles. Et oui notre copain a le malheur d’être connu et d’habiter un point stratégique à l’entrée de la vieille ville. Alors souvent (environ un jour sur deux) les soldats rentrent chez lui. Ces nuits-là, toute la famille est enfermée dans la même pièce avec interdiction de parler, interdiction d’aller aux toilettes… Interdiction de vivre.

Voilà Naplouse, ville vivante par excellence.